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Pour nombre de nos contemporains, il est difficile voire impossible de donner une définition absolue de la « religion » ou du « religieux ». Daniel Dubuisson, historien au Centre d’études et de recherches sur les savoirs, les arts, les techniques, les économies et les sociétés (Cersatés) a mené son enquête sur les fondements anthropologiques des sagesses et ceux de la pensée « religieuse » occidentale. Pour comprendre entre autres où s’enracinent certaines pratiques spirituelles de notre temps…

La notion de « religion » apparaît comme une création historique originale et singulière de l’Occident chrétien. Elle ne possède aucun équivalent ailleurs, que ce soit en Inde, en Chine ou dans l’Amérique précolombienne.

Le terme « religion » et la chose qu’il désigne possèdent une histoire qui s’est déployée dans le cadre exclusif de notre culture et de notre civilisation européennes. Aucune de nos définitions indigènes1 de ce mot, qui prétendrait posséder une valeur universelle et intemporelle, n’est en définitive pertinente. Et les partisans d’un homo religiosus éternel et immuable sont toujours contraints de se réfugier derrière des acceptions vagues, lyriques ou mystérieuses, mais toujours ethnocentriques car extraites en réalité du modèle chrétien.

La religion ou l’univers entier que ce mot résume pour nous (subtilités théologiques, conception de la personne humaine et de sa destinée, rôle de la providence, choix moraux, rétributions dans l’au-delà, immortalité de l’âme, disciplines du corps) n’a cessé, au cours des siècles, d’alimenter des controverses majeures.

Depuis près de vingt siècles en effet, l’histoire de nos idées religieuses a été l’objet d’innombrables et incessants débats entre penseurs chrétiens et philosophes juifs, païens ou hérétiques, entre croyants et athées, entre croyants et rationalistes… comme si « guerres » et « religions » avaient été pour l’Occident des synonymes.

1/ Ainsi, il eût été impossible à l’un de ses contemporains d’annoncer au Christ, que ce fût en latin, en grec, en hébreu ou en araméen, qu’il apparaîtrait un jour comme le fondateur d’une « religion » universelle. Une telle assertion eût été imprononçable, puis qu’aucun mot dans aucune de ces langues vénérables ne correspondait à ce que dit notre mot « religion ».

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Initiation aux religions