Deux enquêtes récentes montrent l’importance que les salariés
français attachent à la reconnaissance au travail. Face à ces
attentes, le réseau Anact-Aract propose une démarche pour mettre
en place dans l’entreprise une politique de reconnaissance faisant
le lien avec la performance.

Image d'illustration de l'article

TNS-Sofres a réalisé

pour le compte de

l’Anact en 2013 une

enquête auprès

d’un échantillon

représentatif de

salariés français

sur le thème de la qualité de vie au travail. Invités à évaluer leur

situation, ils notent leur qualité de vie au travail tout juste

au-dessus de la moyenne, à 6,1/10. Des marges de progrès

existent donc.

Lorsque l’on cherche à préciser leurs attentes, les salariés

mettent en avant le respect qu’ils attendent et la reconnaissance

du travail réalisé (aussi dans la dimension salaire). Plus

précisément, 58% des personnes interrogées estiment que la

reconnaissance est le mot qui caractérise le mieux la qualité de vie

au travail (en 2ème position après le respect : 64%).

L’enquête TNS-Sofres montre également que les professions

intermédiaires sont celles qui mettent  le plus l’accent sur

l’épanouissement et la reconnaissance des salariés. Elles

ressentent par ailleurs particulièrement une dégradation

de leur propre qualité de vie au travail.

L’enquête Viavoice pour Le Nouvel

Observateur

Ces attentes en matière de reconnaissance sont confirmées par

une seconde enquête, menée à l’automne par l’institut Viavoice en

partenariat avec le Nouvel Observateur. Réalisée sur le thème du

bonheur et de la satisfaction professionnels auprès de 5 000

personnes en activité,  elle met en évidence l’importance des

relations interprofessionnelles dans l’appréciation de son propre

métier : ainsi les relations entre collègues, mais surtout les relations hiérarchiques joueraient un rôle essentiel dans le sentiment d’être

« heureux » au travail.

Dans cette enquête, la reconnaissance (sociétale, hiérarchique,

de ses pairs) arrive en tête des déterminants du bonheur au travail.

Les actifs qui se sentent reconnus par leurs supérieurs

hiérarchiques sont ainsi 94 % à se déclarer « heureux » dans leur

travail, contre seulement 57 % pour ceux qui ne se sentent pas

reconnus. Viennent ensuite la motivation, la pénibilité, les conditions

matérielles, la précarité, etc.

Comment agir sur la reconnaissance au

travail ?

Les salariés lient donc la qualité de vie au travail au sentiment

d’être reconnu ou pas. Mais cette reconnaissance n’est pas

seulement le fait des personnes. Elles est largement déterminée

par la conception, l’organisation du travail et les conditions dans

lesquelles se déroulent les relations professionnelles. Comment dès

lors, agir ?

Depuis plusieurs années, les équipes du réseau Anact-Aract sont

mobilisées sur ce sujet. Leurs travaux au contact d’acteurs de

terrain ont montré que la reconnaissance est un levier fort de

l’engagement au travail. Et qu’a contrario, la faible reconnaissance

des efforts, le déni des difficultés, sont autant de causes de

démobilisation, de mal-être, et de contre-performance productive.

Des atteintes à la santé sont même possibles.

Tout le monde a donc intérêt à s’emparer de la question de la

reconnaissance. Pourtant, nombreux sont les dirigeants de PME,

les DRH, les managers, les représentants du personnel à se sentir

démunis face à la question : peur d’ouvrir une boîte de Pandore ;

crainte de dépasser le champ professionnel ; d’une réponse

exclusivement centrée sur la rémunération alors même que les

marges de manœuvre sont réduites.

Une démarche faisant le lien avec la

performance

Pour outiller les acteurs d’entreprises dans la mise en place

d’une politique de reconnaissance, le réseau Anact-Aract propose

une démarche élaborée à partir de plusieurs interventions sur ce

sujet. Au cœur de cette démarche, un outil d’appréciation des

pratiques à mettre en œuvre dans le cadre d’une démarche

concertée : le diagnostic performance-reconnaissance.

Une démarche et un outil qui pourront être utiles au moment où

les entreprises sont incitées à s’engager dans l’expérimentation

sur le thème de la QVT à la suite de la signature en juin 2013

d’un accord interprofessionnel. Après avoir pointé dès son premier

paragraphe les « attentes fortes d’être pleinement reconnu dans

l’entreprise », cet accord déclare la reconnaissance comme faisant

partie de la qualité de vie au travail et institue la « reconnaissance

du travail » comme le premier point de la qualité des relations

sociales et de travail.