août 2015

Archive mensuelle

Macron s’en prend aux 35 heures, tollé à l’université d’été du PS

Créé par le 29 août 2015 | Dans : actualité, éco



Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a de nouveau critiqué les 35 Heures, devant les patrons membre du Medef.
Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a de nouveau critiqué les 35 Heures, devant les patrons membre du Medef. (LP/PHILIPPE DE POULPIQUET)

Et bon week-end à La Rochelle ! En mettant en cause les 35 heures à l’université d’été du Medef, le ministre de l’Économie Emmanuel Macron a saisi les socialistes comme des brochettes sur un barbecue alors qu’ils font leur rentrée annuelle ce vendredi matin dans la ville blanche.

« La gauche n’est pas exempte de critiques particulières, a affirmé le ministre à Jouy-en-Josas (Yvelines) devant un parterre de chefs d’entreprise conquis. Elle a pu croire à un moment, il y a longtemps, que la politique se faisait contre les entreprises, ou au moins sans, qu’il suffisait de décréter et légiférer pour que les choses changent. Qu’il n’était pas nécessaire de connaître le monde de l’entreprise pour prétendre le régenter. Elle a cru que la France pourrait aller mieux en travaillant moins. C’étaient de fausses idées », a-t-il affirmé.

Des Yvelines à la Charente Maritime, il n’a pas fallu longtemps pour que les tenants de cette « vieille gauche » dont veut s’écarter Macron se rebiffent. « Je ne savais pas que Nicolas Sarkozy était de retour au gouvernement », a moqué l’ancien frondeur Christian Paul, peu versé dans le social-libéralisme à la Macron. « Ce sont des mots d’un homme politique de droite », a opiné le député Yann Galut. Il y voit « une provocation insupportable » de la part « d’un ministre ringard qui insulte, là, avec des propos irresponsables, à la fois Jean Jaurès, Léon Blum, François Mitterrand, Lionel Jospin et Martine Aubry ». « Macron se gargarise de sa pseudo-modernité. Ça devient pathétique », dégaine même Laurent Baumel.

Traité de «ringard», de néo Sarkozy

Il y a un an, dans un entretien au Point réalisé juste avant sa nomination à Bercy, Emmanuel Macron avait déjà abordé le sujet sous l’angle polémique, estimant, au conditionnel, que « nous pourrions autoriser les entreprises et les branches, dans le cadre d’accords major 01Net itaires, à déroger aux règles du temps de travail et de rémunérations ». L’entrée en matière avait fait grincer jusqu’à Marisol Touraine, ministre de la Santé, qui l’avait mal accueilli. En novembre encore, à l’Assemblée, l’ancien banquier d’affaires avait regretté que la réduction du temps de travail ait pu faire croire, notamment aux investisseurs étrangers, « que les Français ne voulaient plus travailler ».

«C’est une autre version du travailler plus pour gagner plus. On sait où ça a mené…», a ironisé auprès du Parisien l’ancien ministre François Lamy, bras-droit de Martine Aubry.

Gérard Collomb, membre des réformateurs, l’aile droite du PS, et proche d’Emmanuel Macron, tente ce vendredi une explication de texte sur France 2 pour le moins ambiguë. « Ce qu’il dit, c’est que pendant toute une période, on a cru que pour régler le problème du chômage il fallait partager le travail. On se rend compte que ça ne marche pas. Il faut privilégier une politique de l’offre. (…) Faire en sorte que beaucoup plus de gens puissent travailler », a affirmé le maire du Grand Lyon.

Noël Mamère, député-maire de Bègles, s’agace : son parti, Europe-Ecologie Les Verts (EELV) ne peut cautionner la politique du gouvernement, telle qu’incarnée par le ministre de l’Économie. En quittant leur parti politique, «François de Rugy et Jean-Vincent Placé sont dans une dérive sociale-libérale telle qu’on a pu la voir hier avec Emmanuel Macron », a-t-il encore reproché sur RTL.

Même Claude Bartolone s’agace. « Le moins qu’on puisse dire est que cette phrase est une fausse bonne idée, tance sur France Info le président de l’Assemblée nationale, habituellement plus transigeant. 35 heures, c’est la durée légale du temps de travail au-delà de laquelle sont déclenchées les heures supplémentaires. J’aurais préféré que l’on dise devant les patrons qu’il faut encore plus négocier ». La tête de liste PS pour l’Ile-de-France met en garde : face aux « inquiétudes » de la rentrées, « les Français ont besoin de sécurité, donc que chacun fasse attention à ses propos ». D’autant que « nous avons besoin de croissance, bien sûr, mais aujourd’hui nous avons aussi besoin de valeurs », moralise-t-il.

Jean-Marie Le Guen défend le ministre : «Vous seriez bien en peine de me trouver une phrase (dans les propos d’Emmanuel Macron, Ndlr) où il parlait des 35 heures», a déclaré le secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement à la presse. «Il a tout simplement acté l’idée que la gauche, qui a à un certain moment laissé penser qu’elle était plutôt favorable à la civilisation des loisirs, aujourd’hui est tout à fait convaincue que (…) c’est bien le travail qui est une valeur essentielle», affirme-t-il. «Comment un député socialiste peut parler comme ça d’un membre du gouvernement ?»,  s’est interrogé Jean-Marie Guen, à propos de Christian Paul, qui a comparé Emmanuel Macron à Nicolas Sarkozy.

Il n’empêche, deux jours après une tribune aux Echos dans laquelle le Premier ministre disait notamment vouloir continuer à réformer dans le sens de la « flexisécurité », Yann Galut s’interroge sur l’agenda de Macron. S’est-il exprimé en service commandé ? « Je demande à Manuel Valls une clarification sur les propos qui sont des propos irresponsables. Ce sont des mots d’un homme politique de droite », a conclut le député du Cher. Manuel Valls, qui sera à La Rochelle, ne pourra pas se dérober.

François de Rugy : « Pour moi, EELV, c’est fini »

Créé par le 27 août 2015 | Dans : actualité, politique

 

François de Rugy à Blois le 26 août.

François de Rugy vient de mettre un point final à un nouvel ouvrage,

Ecologie ou gauchisme, il faut choisir (L’Archipel, 128 p., 14,95 euros),

mais aussi à près de vingt ans de militantisme chez les Verts puis à

Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Une semaine après les menaces de son homologue du Sénat, Jean-Vincent Placé, de quitter EELV, le député de

Loire-Atlantique et coprésident du groupe écologiste à l’Assemblée

nationale annonce au Monde qu’il s’affranchit de son parti et qu’il entend « fédérer les écologistes réformistes ».

Pourquoi quittez-vous aujourd’hui EELV ?

Je quitte Europe Ecologie-Les Verts car pour moi EELV, c’est fini. Le cycle

ouvert par Daniel Cohn-Bendit en 2008 est arrivé à son terme.

Aujourd’hui, on n’arrive plus à avoir les débats, ni de fond ni stratégiques,

au sein d’un parti qui s’enfonce dans une dérive gauchiste. A reporter

sans cesse le moment de la clarification, on s’enlise, au mieux dans

une position illisible, au pire dans un repli sectaire. J’en tire les conclusions

et je reprends ma liberté de parole et d’action.

Vous pensez rejoindre un autre parti ?

Je ne suis ni dans l’idée d’adhérer à une autre formation ni d’en créer

une autre. Je veux fédérer les écologistes réformistes, ceux qui ne sont

pas à EELV et ceux qui y sont encore. Dans les mois qui viennent, il y aura

des recompositions et des choses nouvelles à inventer au-delà de la

forme du parti traditionnel. Celle d’EELV est d’ailleurs l’une des plus usées.

Vous souhaitez rester au groupe à l’Assemblée nationale ? Quid de sa présidence ?

Je me suis beaucoup battu pour qu’il y ait un groupe écologiste à

l’Assemblée nationale. Je veux qu’il continue à exister, même au-delà

de 2017. Je reste au groupe où il y a des élus EELV, d’autres

qui ne le sont pas et d’autres qui peuvent être encartés ailleurs.

Le groupe est en butte à une contestation interne depuis de longs mois.

Avec Barbara Pompili (également coprésidente du groupe), nous ferons

des propositions pour un nouveau fonctionnement dans les jours

qui viennent. Quant à moi, je ne suis pas dans une logique de m’accrocher

à des postes.

Ne craignez-vous pas de vous marginaliser ?

C’est EELV qui est en train de se marginaliser et à vitesse grand V.

Nous étions sortis de la marginalité de façon spectaculaire grâce à Dany Cohn-Bendit en 2009 mais nous avons rechuté avec la présidentielle de

2012. Je vois les mêmes causes se mettre en place pour produire

les mêmes effets non seulement aux régionales, mais aussi en 2017.

Réciter le prêchi-prêcha des apparatchiks Verts et défendre des positions systématiquement protestataires, tout cela va achever d’éloigner les

électeurs écologistes qui aimaient l’esprit d’ouverture de Dany.

Comment s’annoncent les régionales, selon vous, pour la gauche ?

Il est encore temps de tirer la sonnette d’alarme. Tout est en train de se

mettre en place pour qu’il y ait un processus d’auto-élimination collectif de chaque composante de la majorité de 2012. Dans beaucoup de régions,

il y a un Front national très fort qui est potentiellement en tête. En se

divisant, la majorité de 2012 prend le risque d’être loin derrière la droite

et l’extrême droite. Dans ce paysage, les écologistes qui croient pouvoir

s’en tirer simplement par le retour aux « fondamentaux » risquent d’être

la dernière roue du carrosse. Quant aux alliances avec le Front de gauche

, c’est le pompon, dans la mesure où ce dernier est le courant politique

français le plus centralisateur et jacobin, quand les écologistes sont décentralisateurs et régionalistes.

Qu’attendez-vous de la fin du quinquennat ?

Il ne reste que dix-huit mois et il ne faut pas se contenter d’attendre que

la croissance revienne et que le chômage baisse tout seul. On doit avoir

une feuille de route écologiste avec une priorité : celle de la mise en

œuvre des conclusions de l’accord mondial sur le climat dont j’espère

qu’il sera ambitieux. Cela nécessitera des mesures importantes sur la

question des transports, de la pollution de l’air et de la santé

environnementale. Ces mesures peuvent être prises d’ici à 2017 et faire

partie du bilan qu’on présentera aux Français.

Que pensez-vous d’une candidature de Cécile Duflot en 2017 ?

Dans l’opinion, je ne vois pas de dynamique autour de cette candidature

mais Cécile Duflot se prépare et EELV est déjà devenu une petite

boutique présidentielle. Cette candidature se présente comme l’exact

remake de celle de 2012, avec le résultat que l’on connaît. On ne sait

d’ailleurs pas bien si ce serait une candidature de la gauche de la gauche

ou une candidature rouge et verte.

La gauche semble complètement atomisée aujourd’hui. Comment y remédier ?

Le FN a une très forte dynamique électorale et la droite s’organise pour préparer l’alternance en 2017. Face à cela, la gauche et les écologistes resteraient les bras ballants ? Une primaire est incontournable. En 2011,

cela avait permis d’avoir un débat avec différents candidats et différentes sensibilités, que ce débat soit tranché directement par les sympathisants

de gauche et enfin de se rassembler. Si on ne veut pas subir le même

processus d’auto-élimination que lors du 21 avril 2002, il faudra se

rassembler. Je ne me résous pas à ce processus de division qui mènerait

à un funeste choix entre Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen au soir du

premier tour de la présidentielle.

Quelle forme devrait prendre cette primaire ? Y seriez-vous candidat ?

Je m’y prépare et j’affirme cette volonté d’y représenter les écologistes réformistes. Je pense que le rassemblement se construit et s’anticipe.

Certains disent qu’avec un président sortant, il n’est pas question d’une primaire. Mais François Hollande a dit lui-même que sa candidature n’allait

pas de soi et qu’il la conditionnait à un certain nombre de résultats, qui ne

sont pas là pour l’instant. S’il devait être candidat, on sait aussi que le rassemblement derrière lui ne va pas de soi. Il faut donc en créer les

conditions.

Réussite totale pour Giacometti à Landerneau

Créé par le 27 août 2015 | Dans : actualité, art

 

Un choix pertinent d’œuvres de la Fondation Giacometti, une approche pédagogique voulue par Catherine Grenier et un accrochage limpide signé Eric Morin font de cette exposition Alberto Giacometti au Fonds Leclerc de Landerneau une réussite totale.

  • Généreuse Fondation Giacometti

    Généreuse Fondation Giacometti

    Cent cinquante œuvres du sculpteur suisse ont été généreusement prêtées par la Fondation Giacometti et permettent de suivre sa vie (1901-1966), de ses débuts surréalistes jusqu’à L’Homme qui marche, réalisé six ans avant sa mort.

    Détail de Giorgio Soavi (1953) par Alberto Giacometti, présenté dans l’exposition « Giacometti » au Fonds Hélène et Edouard Leclerc, Landerneau, 2015 (©Guy Boyer).

Lyonel Feininger, de New York à Weimar

Créé par le 27 août 2015 | Dans : actualité, art

 

Lyonel Feininger, de New York à Weimar
Lyonel Feininger, Goélette à trois mâts, 1934, plume, encre de Chine et aquarelle sur papier, 14,7 × 19,1 cm, Collection particulière (©Adagp, Paris, 2015/© Maurice Aeschimann).

« Ce n’est pas une rétrospective, mais le regard d’un collectionneur », tient à préciser d’emblée Annette Haudiquet, conservatrice en chef du MuMA. Certes, mais la collection privée en question est si riche qu’elle permet de traverser l’ensemble de la carrière de Lyonel Feininger (1871-1956), à travers cent trente-neuf œuvres produites entre 1907 et 1949.

Elles sont principalement puisées dans sa production graphique, aquarelles, dessins et bois gravés, technique à laquelle l’artiste consacre tout son temps entre 1918 et 1922. Né à New York, l’artiste a passé l’essentiel de sa vie en Allemagne, où il participe activement à la naissance du Bauhaus au côté de Walter Gropius, avant de revenir en Amérique en 1937, lorsque son art sera jugé « dégénéré » par les nazis. Il est toujours resté fidèle à ses thèmes de prédilection – la ville, l’architecture et le monde de la mer.

Dans l’atelier de Giacometti

Créé par le 27 août 2015 | Dans : actualité, art

 

Dans l’atelier de Giacometti
Homme (Apollon), 1929, bronze, 39,4 x 30,9 x 8,2 cm, Collection Fondation Giacometti, Paris (© Succession Giacometti – FondationGiacometti. ADAGP Paris, 2015).

Les grands artistes ont ce privilège de pouvoir réserver encore des surprises, même après des dizaines d’expositions organisées à travers le monde. C’est le cas d’Alberto Giacometti (1901-1966), dont plus de cent cinquante œuvres, sculptures en bronze ou plâtres d’atelier, peintures, dessins et lithographies, envahissent cet été les espaces du Fonds Hélène & Édouard Leclerc, dans le Finistère.

Conçue à partir des trésors conservés par la Fondation Giacometti (Paris) et pilotée par sa directrice Catherine Grenier en collaboration avec Christian Alandete, l’exposition n’est pas une rétrospective. Plutôt une déambulation dans la prolifique carrière du maître, qui se veut à la fois didactique avec un déroulé chronologique de l’époque pré-surréaliste aux œuvres ultimes, et riche en découvertes, à travers des pièces peu ou jamais montrées au public.

En une dizaine de chapitres qui traversent les thématiques chères à l’artiste (le travail d’après nature, l’obsession de la figure humaine et de la tête en particulier, la question importante du socle…), le parcours mêle habilement les incontournables Homme qui marche, Nez, Boule suspendue et autres Cages, qui ont fait sa célébrité, à des créations plus intimes, plus secrètes. Ainsi d’une très belle série de dessins produits le jour même du décès de Paul Éluard, un portrait du poète accompagné d’un ensemble de paysages, d’un Homme (Apollon), chef-d’œuvre de la première période récemment acquis par la Fondation Giacometti, de la série peu connue des Peintures noires produite dans l’immédiate après-guerre, ou de cette Fleur en danger, délicate et fragile, qui a bénéficié d’une restauration spécialement pour l’occasion. Il en va de même pour deux œuvres de la série des Femmes
de Venise
qui ont pu s’offrir une nouvelle jeunesse grâce à l’aide du Fonds Hélène & Édouard Leclerc, et notamment un plâtre peint, « une vraie résurrection » selon Catherine Grenier.

Comme pour les précédentes expositions présentées à Landerneau (Jean Dubuffet l’été dernier ou la remarquable rétrospective Jacques Monory que l’on a pu voir cet hiver), la scénographie est signée de l’architecte rennais Éric Morin, qui a imaginé la mise en espace du parcours autour d’une reconstitution à l’échelle un de l’atelier de l’artiste, accompagnée d’objets, de documents d’archives et de photographies d’époque. « L’atelier est bien sûr le lieu des expérimentations et de la création, un incubateur d’idées, où les œuvres qui s’accumulent en génèrent sans cesse d’autres, mais il est aussi un thème récurrent dans son œuvre, qu’il s’agisse de sculptures, de peintures ou de lithographies », souligne la directrice de la Fondation Giacometti. Cette dernière a souhaité proposer aux habitués du lieu comme aux estivants de passage dans la région une plongée dans l’univers du maître, autant qu’un portrait sensible de cet homme qui n’a cessé, toute sa vie, « d’interroger la sculpture pour rendre compte du réel, de sa perception du réel ».

Les expos de l’été dans l’Ouest

Créé par le 27 août 2015 | Dans : actualité, art

 

Découvrez, dans ce dossier, les expos à ne pas rater cet été dans l’Ouest de la France.

Mémoire des sanctuaires gallo-romains au Mans

 

 

 

Dans l’atelier de Giacometti

Dans l’atelier de Giacometti

Lyonel Feininger, de New York à Weimar

Lyonel Feininger, de New York à Weimar

Réussite totale pour Giacometti à Landerneau

Réussite totale pour Giacometti à Landerneau

une sacré expo à l’école des filles

Art contemporain

Une sacrée expo à l’école des Filles

Une sacrée expo à l’école des Filles

Créé par le 27 août 2015 | Dans : actualité, art

Une sacrée expo à l’école des Filles

loïc le groumellec, Une chapelleprovisoire, 2014, techniques mixtes,4,5 x 4 x 4 m (©Musée de vannes).

Huelgoat mérite le détour pour son célèbre « chaos de rochers » qui offre un paysage extraordinaire, mais aussi pour découvrir un autre lieu insolite, l’ancienne école des Filles transformée en 2009 par Françoise Livinec en centre d’art contemporain et lieu de débat (des colloques ou des rencontres avec une personnalité sont organisés chaque dimanche tout au long de l’été).

La nouvelle exposition s’ouvre sur Une chapelle provisoire, une installation de Loïc Le Groumellec à découvrir par étapes, comme un pèlerinage, et rassemble une quinzaine d’artistes français (Matthieu Dorval, Madeleine Grenier, Xavier Krebs…) et chinois (Wei Ligang, Shi Yin Sheng…) dont les œuvres entretiennent toutes un rapport avec la question du sacré. Bien plus que de religion, il est ici question de spiritualité, d’âme, de recueillement et de contemplation.

Mémoire des sanctuaires gallo-romains au Mans

Créé par le 27 août 2015 | Dans : actualité, art

Mémoire des sanctuaires gallo-romains au Mans
Intaille, IIe-IIIe siècle, jaspe rouge, 1,8 x 1,2 x 2,5 cm (Nantes, DRAC – Pays de La Loire. ©Gilles Kervella).

Sous son titre clin d’œil au film de Xavier Beauvois Des hommes et des dieux, se cache une exposition scientifique articulée autour de l’étude des pratiques religieuses dans la Sarthe et en Mayenne durant l’Antiquité.

Conçue par le musée d’Archéologie et d’Histoire du Mans en partenariat avec l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) et le service régional de l’Archéologie de la Drac Pays-de-la-Loire, elle rend compte des vestiges (objets de dévotion ou d’offrande, statuettes, ex-voto ou tablettes de defixio, plaques en plomb sur lesquelles étaient gravées des formules magiques) exhumés lors de fouilles menées sur les principaux sanctuaires gallo-romains qui furent fréquentés dès le Ier siècle par les peuples des Aulerques Cénomans (autour de l’actuelle ville du Mans) et Diablintes (dans la région de Jublains).

Les tourments de Damien Deroubaix

Créé par le 27 août 2015 | Dans : actualité, art

Les tourments de Damien Deroubaix
Damien Deroubaix, Jihad, 2015, huile et collage sur toile, 250 x 450 cm (COLLECTION DE L’ARTISTE. PHOTO : GUY REBMEISTER).

Décrypteur sensible de la volonté de destruction de notre époque, l’artiste revisite aussi bien le passé que le présent, comme on peut le voir dans deux expositions, aux Sables d’Olonne et à Marseille.

Noires sont ses peintures, noires ses gravures. Noire est la mort qui rôde dans son œuvre, noire sa vision du paradis que nous, humains, avons définitivement perdu, sans espoir de retour. « L’enfer est vide. Tous les démons sont ici », s’écrie-t-on dans La Tempête de Shakespeare. Damien Deroubaix peuple ses dessins, ses gravures, ses immenses peintures et ses sculptures, des démons que nous ne cessons d’enfanter et qui nous terrorisent. Sur ce qui ressemble de plus en plus à une scène théâtrale, il place des acteurs sans forcément de lien entre eux, des monstres fabriqués à partir d’éléments hétéroclites, qu’il superpose ou juxtapose jusqu’à obtenir un savant carambolage. Chacun de ces éléments divers, reconnaissables ou tout à fait informes – visages, corps tronqués, torturés, cornes, crânes, ailes, œil globuleux, lettres, bulles, pieux, arbres décharnés, squelettes, ampoules, lieux d’effroi comme le camp d’Auschwitz – est déconnecté de sa réalité contextuelle. L’originalité du peintre (on a, en effet, déjà vu ce genre de scènes, de danses macabres et d’animaux mythologiques émailler toute l’histoire de la peinture) n’est pas tant dans ce qu’il choisit de montrer, que dans la façon dont il le montre. Ce sont son montage et les concomitances qui en découlent, qui nous apparaissent si énigmatiques et font de sa peinture un rébus.

De Le Pen à Marion Maréchal :

Créé par le 27 août 2015 | Dans : actualité, politique

l’évolution du vote Front national chez les catholiques

Marion Maréchal-Le Pen, figure de proue du vote FN catholique

 


 


 ENTRETIEN – Le sondeur Jérôme Sainte-Marie analyse l’évolution de vote Front national depuis les années 1980 jusqu’à aujourd’hui dans la population française qui se définit comme catholique.

-Quelle est la part catholique de l’électorat Front national? Comment a-t-elle évolué depuis la création du parti en 1972?

Jérôme SAINTE-MARIE. – Aux dernières élections européennes, le vote Front national était plus important parmi les Français se disant catholiques (27%) que parmi la moyenne d’entre eux (25%), tout en étant en retrait parmi les pratiquants réguliers (21%). C’est ce que l’on constate depuis un quart de siècle, les messalisants étant dissuadés de choisir le parti lepéniste du fait de la ligne épiscopale. Il n’en a pas toujours été ainsi: en 1984 puis en 1989, aux européennes, les pratiquants réguliers choisissaient davantage que les non-pratiquants un bulletin lepéniste (d’un ou deux points seulement, en fait). Souvenons-nous à ce sujet que Jean-Marie Le Pen figure en bonne place dans le document édité par les défenseurs de l’enseignement privé célébrant la mobilisation massive contre la loi Savary. La position de l’Eglise de France s’étant clarifiée au fil des ans, on observa une baisse du vote frontiste des catholiques pratiquants réguliers, qui passa de 13% à 7% entre 1988 et 1997, tandis qu’il progressait chez les non-pratiquants. Les dernières études montrent un retour des catholiques les plus engagés dans leur foi vers le vote lepéniste, ce qui est une conséquence non seulement de l’évolution impulsée depuis 2011 à la tête du Front national, mais aussi d’une actualité traumatisante.

Le vote catholique est-il un enjeu pour les partis de droite – Les Républicains et le Front national? On remarque que la tentative de Nicolas Sarkozy de rallier cet électorat est récente…

Le premier point à souligner est la tendance des catholiques à participer davantage aux scrutins que la moyenne des Français. Ainsi, pour la dernière élection, celle des départementales, 80% des catholiques pratiquants réguliers sont allés voter, au lieu de 67% des pratiquants occasionnels et de 52% des non-pratiquants. Il y a là un enjeu quantitatif évident. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a fait depuis longtemps de la séduction des catholiques un objectif prioritaire. Avant son élection, en 2004 il avait écrit Dieu, la République, les religions, l’espérance aux éditions Cerf et avec le dominicain Philippe Verdin. Une fois président, il a inventé le curieux concept de «laïcité positive», et valorisé le prêtre contre l’instituteur. Après les excentricités de son début de mandat, il a tenté de retrouver les faveurs de l’électorat catholique, mais le charme était éventé. Cependant, la dimension religieuse du vote restant fondamentale, il est cohérent que le leader des Républicains recherche à montrer son attachement au catholicisme. Il est aidé en cela par les violences de l’islamisme radical, qui ravivent les identités religieuses, même les plus enfouies. Disons simplement que Nicolas Sarkozy n’innove pas en ce domaine, ni par rapport à lui-même, ni en regard de la pratique des leaders de la droite en général.

Le réveil conservateur initié par la Manif pour tous est-il à l’origine de la porosité des électorats LR et FN?

Oui, c’est un moment important de ce phénomène. En dépit de la prudence de la direction du Front national lors de la contestation de la loi Taubira, la Manif pour tous a construit un espace commun. Toute une jeune génération de militants, et donc sans doute de futurs cadres politiques, s’est construite dans ce mouvement. Les Républicains n’en sont pas le réceptacle naturel, du fait de leurs ambiguïtés sur le dossier. C’est un peu par défaut que le Front national en est le bénéficiaire. Les scores élevés de ses listes aux européennes dans l’ouest francilien en furent le signe. C’est une sorte de revival des années 1980, lorsque le parti de Jean-Marie Le Pen prospérait parmi les milieux catholiques mobilisés contre la loi Savary sur l’enseignement. Certaines personnalités frontistes comme Marion Maréchal-Le Pen s’inscrivent dans cette logique. L’exaltation des identités particulières qui fleurit ces dernières années en France a réveillé celle du catholicisme politique, l’actualité internationale fait le reste. Il y a donc une cohérence à ce que le vote catholique ne soit plus un obstacle à la progression du Front national.

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